Je suis en voyage sur Over-Blog. Et puisqu'il faut une destination alors la mienne serait d'érotiser la vie quotidienne. Et puisqu'il faut un véhicule alors le mien serait différent chaque jour : écriture, photographie, peinture...
J'avais un vieil oncle, mais alors un vraiment vieux truc de vieux truc... qui avait toujours refusé les bottes en plastique, le téléphone, la télévision&radio, la viande du boucher, la médecine de la modernité, les produits chimiques, le pain blanc, les cigarettes toutes faites.
Il avait toujours des réticences avec l'électricité - sa fille lui avait fait installer mais il continuait à s'éclairer à la bougie -.
Il pinçait ses chrysanthèmes à la main et refusait que quiconque de la famille achète des fleurs "artificielles " - il entendait par artificielles, touchées par une autre main humaine que la sienne - pour mettre sur la tombe de nos morts à la Toussaint.
Il ne mangeait que ce qu'il préparait lui-même - sa femme était morte très jeune - et il ne se préparait que des gruaux. Quand j'étais enfant, je me demandais toujours si c'é
tait la soupe du chien que je voyais sur sa table de cuisine et ma mère m'expliquait que dans la soupe du chien, c'était simple, il y avait du pain.
Il refusait bien sûr la machine à laver et il refusait aussi de se laver vraiment - un peu le nez, un peu la main dans les cas graves -. Il ne sentait pas mauvais, il sentait le persil/le purin/les tomates/la terre/l'eau de pluie/le poil de chien... Il sentait la vie en mouvement depuis longtemps.
Et bien je lui ressemble. Si, si toute ma famille me le dit. Sa fille avec bonheur/sourire et ma mère avec inquiétude. Non, ne cherchez pas du côté des "je ne me lave pas/pas trop/juste bien assez". Non, non, j'ai juste la phobie du gaz de ville. Et dans les maisons où l'eau est chauffée au gaz, je ne me lave qu'à l'eau froide. Le vieil oncle, il faisait tout au feu de bois et il affirmait que " le gaz est une punition divine qui pue et qui me tuera..." et il ajoutait à sa fille insisteuse "tu veux me tuer?"